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Ses yeux étaient les premiers spectacteurs attentifs face à ce spectacle. Devant lui, s'ouvraient des nuages d'une blancheur aussi pure que la neige de son enfance. Il apercevait des kilomètres et des kilomètres de ce coton magique qui l'entourait tout entier. Son corps avait perdu son apesanteur et il semblait aussi léger qu'une plume. Le vent lui caressait les joues comme sa maman savait si bien le faire lorsqu'il était triste, cette douceur inoubliable et infinie. Infini comme ce monde dans lequel il s'était envolé. Une minute plus tard, un oiseau lui frôla le visage. Henri souriait de bonheur. Ce qui était le plus bizarre, c'est qu'il ne cherchait même pas à comprendre pourquoi il était là. Il voulait simplement profiter de ce bien-être immense, presque incommensurable d'être là, dans ce ciel qui le faisait rêver tous les autres matins durant. A un moment donné, le paysage qui s'offrait à ses yeux se modifia. Il se surprit à pouvoir distinguer sur chaque nuage des lettres, puis des mots, et enfin des phrases entières. La vitesse aidant et le temps lui manquant, il ne put sur le moment confirmer son impression. Un peu plus loin, arrivant enfin à contrôler sa vitesse, il réussit à s'approcher lentement d'un nuage à lire avec intérêt et curiosité le message qui y était inscrit. Tout haut, il répétait : "L'Amour pour les autres doit passer d'abord par soi-même". Un autre arrivait rapidement à ses yeux et à nouveau, il lut : "Aider l'autre, c'est s'épanouir dans sa propre générosité". Ces messages ravissaient ses yeux et son âme de philosophe, ébloui par cette vérité naturelle et la correspondance de leur sens avec les idées qu'il avançait depuis des années déjà. Il fit l'effort de noter dans sa mémoire ces messages au nombre total de 10 et se jura de ne jamais les oublier. Encore curieux des suprises que cette aventure lui réservait à chaque seconde, il continuait son voyage inattendu. Son ceur avait un rythme inhabituel. C'était comme si lui-même, il ne le sentait plus. Soudain, une lumière éblouissante apparut tout au fond de cet amas de nuages féériques. Un peu effrayé, Henri voulut freiner son allure, mais se sentant impuissant face à cette vitesse contrôlée, il se laissa alors aller en vain. Son coeur reprit brutalement son rythme. Etait-ce la peur ou la fin de son voyage ? Il eut très vite la réponse à sa question. Comme par miracle, au lieu de l'éblouir, cette lumière mystérieuse, puissante et chaleureuse à la fois, lui réchauffait le visage, les mains et le corps tout entier, puis enfin le plus profond de l'univers qui entourait son coeur. Il se sentait si chaud à l'intérieur, comme amoureux, comme plein d'amour. Oui, c'était ça, l'amour était en lui ! 
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